
A la fin du XIème siècle, le vicomte de Rougemont, puissant seigneur tonnerrois plaça ses enfants sur des terres comtales de sa juridiction.
C’est ainsi que les premiers seigneurs d’Ancy le Franc, de la lignée des sires de Rougemont, prirent possession à Ancy le Franc d’une maison forte.
En 1315, Etienne II d’Ancy, s’allia alors aux seigneurs bourguignons contre le roi de France, défié en raison des lourds impôts qu’il imposait à la région.
Possédée par de puissants seigneurs bourguignons au Moyen-âge, la seigneurie d’Ancy le Franc fut ravagée lors de la lutte entre le roi et les ducs de Bourgogne.
Durant le moyen-âge, se développent également des mouvements d’émancipation des habitants des villes et des villages contre la tutelle seigneuriale. Des conflits violents ont pu en résulter, mais cette évolution a pu également se faire paisiblement grâce aux besoins financiers des seigneurs qui ont octroyé des libertés sous forme de chartes d’affranchissements moyennant le paiement d’une rente. C’est ainsi, par exemple, que Marguerite de Bourgogne affranchit les habitants de Lézinnes en 1341.
Antoine III de Clermont Tonnerre, beau-frère de Diane de Poitiers hérita des terres d’Ancy le Franc par sa mère, Anne de Husson, comtesse de Tonnerre. Il décida d’y faire construire un château, sous la direction de l’architecte Sebastiano Serlio, qui fut achevé en 1550. Antoine III de Clermont mourut en 1578, comblé d’honneurs et bénéficiant d’un large crédit à la cour grâce à son mariage avec la sœur de la duchesse de Valentinois. Le château et la seigneurie d’Ancy le Franc furent acquis par le Marquis de Louvois en 1684. Louvois, ministre des guerres de Louis XVI avait épousé en 1662, une des plus riches héritières du royaume : Anne de Souvré. A sa naissance, elle avait déjà perdu son père et de ce fait se trouvait en possession de biens immenses, entre autre la seigneurie de Pacy, voisine d’Ancy le Franc et elle les apporta par son mariage à Louvois. Nil mourut en 1661 laissant sa veuve grande dame d’Ancy le Franc te comtesse de Tonnerre jusqu’en 1715, date à laquelle elle mourut.
De tous temps, les seigneurs d’Ancy le Franc reçurent la visite de prestigieux personnages tels qu’Henri XIV, Louis XIII, le Cardinal de Richelieu, Louis XIV.
C’est François Charles César Le Tellier , marquis de Courtanvaux, son arrière petit-fils, homme de valeur qui repris le château. Esprit remarquable et original, il s’adonna aux sciences et excella en certaines disciplines au point d’être admis au nombre des académiciens. Louvois fut à la fois un homme des lumières impliqué dans des grandes expériences, industrielles et, paradoxalement rétrograde quand il voulut imposer aux tonnerrois un retour à des redevances depuis longtemps abolies. Il est à l’origine de l’installation d’une faïencerie dans les communs du château qui fonctionnera jusqu’en 1807. Cette faïencerie utilisait le bois des forêts voisines, le sable de Decize et une terre de Cusy. Dans le parc du château, le marquis avait également fait installer en 1822, des forges, et elles connurent une étonnante période de prospérité sous la direction des frères Martenot.
N’ayant pas d’héritier direct, les biens du Marquis de Courtanvaux furent transmis à un cousin, Louis Camille Sophie Le Tellier de Souvré. Ce dernier fut comte de Tonnerre et baron d’Ancy le Farnc de 1781 à 1785. De son union avec Victoire de Bombelles nacquit un fils, Auguste Sophie Camille César, qui fut le dernier marquis de Louvois. Celui-ci traversa non sans difficulté la Révolution Française et laissa à sa mort une fortune diminuée. En 1844, le château retrouva un acquéreur providentiel qui n’était ni plus ni moins qu’un Clermont...